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Les travaux de rénovation énergétique

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1. Qu’est-ce qu’une passoire thermique

Les passoires thermiques, également appelées passoires énergétiques, désignent les habitations qui présentent une forte consommation d’énergie, entraînant des factures de chauffage élevées en raison d’une isolation inadéquate et d’une utilisation excessive d’énergie.

Les habitations classées comme passoires énergétiques présentent d’importantes pertes de chaleur, engendrant une sensation de froid exceptionnellement intense pendant l’hiver, même lorsque le chauffage est en marche. En conséquence, ces logements nécessitent d’augmenter le thermostat, ce qui ne contribue pas nécessairement à améliorer le confort mais entraîne une augmentation significative des factures. Il est à noter que dans le cadre du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), les passoires thermiques se voient attribuer les étiquettes F et G, correspondant à une consommation dépassant les 330 kWh/m²/an.

  2. La réglementation liée aux passoires thermiques

Pour remédier aux inconvénients des passoires thermiques, le gouvernement a instauré une réforme reposant sur deux décrets. Le premier, en date du 31 décembre 2020, interdit l’augmentation des loyers pour les logements classés F ou G. Le deuxième décret, du 13 janvier 2021, interdit dès 2025 la location de logements classés G, et depuis le 1er janvier 2023, tous les logements dépassant 450 kWh/m²/an en énergie finale ne peuvent plus être loués. La loi Climat et Résilience, en vigueur depuis le 24 août 2021, prévoit l’interdiction de la location des logements classés G à partir de 2025, et ceux classés F à partir de 2028. Depuis le 1er juillet 2021, le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est opposable, permettant aux locataires de prendre des mesures légales contre les propriétaires ne respectant pas les normes environnementales, créant ainsi un risque juridique pour les propriétaires de biens assimilés à des passoires thermiques.

3. Comment vérifier si votre logement est une passoire thermique ?

Certains signes peuvent indiquer que votre habitation a des caractéristiques de passoire thermique, tels que :

  • Des factures d’électricité ou de chauffage excessivement élevées.
  • Des sensations de froid et des courants d’air dans votre logement.
  • La présence d’humidité, manifestée par de la condensation sur les vitres ou des moisissures sur les murs.

De plus, en tant que propriétaire occupant ou bailleur, vous êtes légalement tenu de procéder à un audit énergétique avant toute mise en vente d’un bien classé D, E, F ou G en mono-propriété. Cet audit fournit des informations sur la classe énergétique de votre propriété.

Pour cela, vous devez engager un bureau d’études thermiques qui déploiera un thermicien ou un architecte chargé d’analyser votre logement à l’aide d’une caméra thermique. L’objectif de cette démarche est de détecter la présence de ponts thermiques. Suite à l’audit énergétique, vous disposez des informations nécessaires pour améliorer la performance énergétique de votre logement et ainsi obtenir une meilleure classification dans le Diagnostic de Performance Énergétique.

4.  Les travaux de rénovation 

Si la mauvaise isolation résulte de déperdition de chaleur trop importante dans votre logement, des travaux d’isolation sont une solution efficace pour résoudre ce problème :

  • L’isolation des murs, qui représente 25% des déperditions.
  • L’isolation de la toiture, qui représente 30% des déperditions.
  • L’isolation du plancher bas, qui représente 10% des déperditions.
  • L’isolation des fenêtres et des vitrages, qui représente 15% des déperditions.

En complément des travaux d’isolation, il est conseillé d’opter pour des équipements performants en matière de chauffage et de ventilation. Ces derniers jouent un rôle crucial dans l’amélioration du confort de vie et renforcent l’efficacité de l’isolation de votre logement. La mise en place d’un système de ventilation performant est essentielle pour prévenir les problèmes d’humidité et assurer une qualité optimale de l’air intérieur. L’installation d’un système de chauffage respectueux de l’environnement, tel qu’une chaudière gaz à très haute performance énergétique, une pompe à chaleur, ou un dispositif fonctionnant à l’énergie solaire, contribue à réduire l’impact écologique tout en assurant le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire de manière efficace.

  5. Le budget des rénovations

La rénovation des passoires énergétiques implique un budget significatif, car plusieurs types de travaux sont nécessaires pour améliorer de manière notable leurs performances énergétiques. Parmi les interventions pratiquement incontournables pour ces logements, on compte :

  • L’isolation des murs, avec un coût variant entre 80 et 160 €/m².
  • L’isolation de la toiture, nécessitant un budget entre 80 et 100 €/m².
  • L’isolation du plancher bas, avec un coût estimé entre 60 et 70 €/m² d’isolant.
  • Le remplacement des fenêtres et portes, avec un coût moyen entre 500 et 700 €/m² de vitre.
  • L’installation d’un système de ventilation, avec un coût variant de 1 000 à 5 000 € selon le système choisi (ventilation hygroréglable ou double flux).

L’installation d’un système de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire performant, avec un coût entre 5 000 et 20 000 € selon l’équipement choisi.En somme, la rénovation complète d’une passoire thermique classée F ou G, visant à progresser vers la classe A ou B, représente un investissement de 20 000 à 130 000 €. Une nouvelle encourageante est que l’État a prévu une enveloppe budgétaire de 6,7 milliards d’euros pour encourager, aider et accompagner les propriétaires souhaitant entreprendre des travaux de rénovation énergétique dans leur logement.

  6. Les aides de l’Etat

 La Prime Énergie Promee

La Prime Énergie, initiée dans le cadre des certificats d’économies d’énergie (CEE), est financée par les fournisseurs d’énergie ou les vendeurs de carburant. Elle vise à soutenir les projets de rénovation thermique au sein des foyers. C’est dans cette perspective que la Prime Énergie Promee a été instaurée.

Accessible à tous les ménages en France métropolitaine, son montant varie en fonction de plusieurs critères, notamment :

  • Le niveau de ressources de votre foyer.
  • La nature des travaux envisagés.
  • Votre localisation géographique.
  • Votre mode de chauffage.

Elle s’applique aussi bien aux résidences principales qu’aux résidences secondaires, mais uniquement pour les logements construits en France depuis plus de 2 ans.

 MaPrimeRénov’ 

MaPrimeRénov’ a été lancée en janvier 2020 pour aider les ménages modestes, résultant de la fusion du Crédit d’Impôt pour la Transition Énergétique (CITE) et du Programme Habiter Mieux Agilité de l’Anah. Depuis octobre 2020, elle est ouverte à tous les ménages. Cette aide vise à financer des travaux d’amélioration thermique pour les logements principaux de plus de 15 ans, incluant la correction des passoires thermiques. Les travaux couverts comprennent l’isolation, le chauffage, les fenêtres, la ventilation, etc. Le montant dépend des revenus, du lieu de résidence et des économies d’énergie résultant des travaux. En réponse à la Covid-19, des bonus ont été instaurés, dont le “sortie de passoire” jusqu’à 1 500 € pour les passoires thermiques atteignant la classe énergétique E ou mieux, et le “Bâtiment Basse Consommation” de 1 500 € pour les logements obtenant l’étiquette énergie A ou B.

Habiter Mieux Sérénité de l’Anah   

Le programme « Habiter Mieux Sérénité » de l’Anah, destiné aux ménages modestes, octroie une aide conditionnelle à l’amélioration de la performance énergétique du logement d’au moins 35%. Le montant, réduit en fonction des ressources du foyer :

  • Jusqu’à 50% du montant total des travaux HT, plafonné à 15 000 € pour les foyers très modestes.
  • Jusqu’à 35% du montant total des travaux HT, plafonnée à 10 500€ pour les foyers modestes.

Pour bénéficier de cette aide, les ménages doivent être accompagnés par Mon Accompagnateur Rénov’ lorsque le coût des travaux excède 5 000 €.

L’Eco-PTZ   

L’Eco-prêt à taux zéro (Eco-PTZ) est un prêt sans intérêt bancaire d’une valeur maximale de 30 000 euros, avec une durée de remboursement pouvant s’étendre sur 15 ans. Il est ouvert à tous les ménages sans condition de ressources, sous réserve que leur logement soit situé en France, construit depuis plus de 2 ans, et serve de résidence principale. Ce prêt peut être sollicité auprès des banques ayant établi un partenariat avec l’État.

 Le chèque énergie    

Le chèque énergie est une aide destinée aux ménages modestes pour soutenir le financement de travaux de rénovation énergétique. D’une valeur comprise entre 48 € et 227 € TTC, il est distribué chaque année au printemps dans la boîte aux lettres des bénéficiaires. Aucune démarche n’est nécessaire pour le recevoir, et il est valable dès sa distribution jusqu’au 31 mars de l’année suivante. Si vous ne prévoyez pas de l’utiliser, il est possible de le convertir en un chèque travaux (valable 2 ans).

Le prêt travaux d’Action Logement  

Action Logement propose un prêt travaux visant à améliorer la performance énergétique. Ce prêt peut atteindre 10 000 € avec un taux d’intérêt de 1%. Cet avantage est destiné aux salariés du secteur privé et offre un remboursement sur une période de 10 ans. Il peut être utilisé pour entreprendre des travaux, à condition que le logement soit désigné comme résidence principale.

La TVA à taux réduit   

Les travaux de rénovation thermique bénéficient automatiquement d’une TVA à taux réduit de 5,5% sur la main-d’œuvre et le matériel. Pour bénéficier de cette réduction, il n’est pas nécessaire de faire appel à un professionnel Reconnu Garant de l’Environnement (RGE). 

  7. Conclusion

En conclusion, face aux passoires thermiques, des travaux essentiels s’imposent. Isolation, remplacement des menuiseries, ventilation et chauffage éco-responsable sont des étapes cruciales. Heureusement, les aides gouvernementales telles que MaPrimeRénov’, le chèque énergie, l’Eco-prêt à taux zéro rendent ces améliorations accessibles. Une opportunité concrète pour transformer ces habitats énergivores en résidences éco-responsables, alliant confort et contribution à la lutte contre le changement climatique.